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Congreso Arquitectura Sostenible

Questo contributo autorevole inviato da Lucien Kroll e presentato lo scorso novembre a Valladolid in Spagna al congresso architettura sostenibile tratteggia le questioni più delicate e le criticità per la vivibilità delle nostre città e allo stesso tempo indica un percorso possibile per rigenerare l’ambiente urbano antropizzato attraverso una progettazione partecipativa-sostenibile.
Le città, terre di confine

Le città, terre di confine

di Lucien Kroll

Evolution
La modernité du paysage bâti, surtout depuis les années 1925 (et pour les premières applications, bien plus tôt, au cours du XIXème siècle), a constitué un style parfois héroïque et souvent très valable pour son époque : il a créé des oeuvres majeures. Il est temps aujourd’hui de faire aussi bien, mais dans nos circonstances: celles-ci sont incomparables. Cette modernité souffrait dès sa naissance d’un point aveugle: celui de la responsabilité politique. N’importe quelle architecture moderne pouvait aussi bien représenter les fascistes, les staliniens, les capitalistes actuels, ou bien les honnêtes gens, sans soulever d’objection. On se souvient comment quelques architectes s’étaient rapprochés d’autorités fascistes pour travailler avec elles! Pour eux, l’architecture était autonome: elle valait par ellemême…
Cette modernité-là se révèle subitement désastreuse: elle ne peut plus rendre compte et « servir » notre époque car celle-ci a basculé dans le «postdésastres climatiques» (plus grave que la chute de l’Empire Romain…) ni dans ses formes, ses techniques, sa centralisation autoritaire, son mythe industriel (repetition d’objets identiques, fabrication d’objets abstraits, anonymes et prolétarisation de la main-d’oeuvre), ni dans sa foi dans la technologie et sa folie du développement illimité, etc.
Et, ce que l’on connaît moins, c’est surtout son système de décision doit être abandonné. La décision «rationnelle» qui était sa religion, avait inventé au cours des «trente glorieuses» tous les moyens les plus aptes à polluer la planète et à «créer de la valeur». Elle est, enfin, remplacée par la décision «incrémentale», intuitive, holiste et darwinienne: c’est la deuxième façon de décider, répertoriée en économie politique... Cette dernière transforme tous les aspects du «paysage habité contemporain»: elle doit désormais viser la responsabilité citoyenne et planétaire, prévoir le mode d’habitat de demain (matin?) sous peine d’être contraint de nouveau de démolir ce qu’on vient de construire, comme aujourd’hui, on détruit en masse les préfabriqués «sociaux»… Et en faire un paysage humain, joyeux, aimable et irréprochable dans son aide à la création du lien social.
Style d’architecture:
Nous essayerons d’éviter ce vocabulaire inadéquat du «vieux-moderne» encore souvent en vogue, pour nous rapprocher de l’image que les habitants se forment spontanément de leurs «maisons»: sans demonstration de formes, de technologies ou de matériaux. Nous choisissons innocemment des techniques et des matériaux soutenables et une architecture de «subsidiarité» (bottom up). Cela permet (c’est déjà l'encourager…) une convivialité de voisinage dans son organisation urbaine.
Le rôle du paysagiste n’est pas de projeter son concept égotiste, mais de suivre «l’habitant, cet éternel refoulé», et ainsi, de «préparer les conditions de naissance d’une complexité maximale»… La création qui s’appuie sur des concepts artificiels ne peut créer un réseau accueillant, sans cette humanisme que la participation d’usagers aide à constituer. Celle-ci lorsqu’elle est pratiquée comme une vertu politique et non uniquement comme une technique ou une charité, modifie profondément
le sens de son architecture: certains l’ont compare au «Free Jazz» dont les improvisations invitaient
dans «l’oeuvre ouverte» plusieurs acteurs qui restaient personnels et exprimaient ainsi la démocratie et la liberté des noirs américains… Notre relation avec les habitants s’illumine et nous avons un sentiment étrange d’être utiles ...
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La participation des usagers:
Immanquablement une décision «incrémentaliste», va inévitablement se préoccuper de l’usager et de sa civilisation, lui demander en groupes de décrire ce qu’il vit en ville et va se modeler sur ce qu’il communique (irrationnellement mais globalement…). Spontanément, aussi, elle se questionnera sur le climat que subira cet habitant et sur les moyens de lui assurer une survie… Ce sera avec ces groupes qu’elle assurera une complexité habitable et non sur la technologie (celle-ci n’est pas le remède mais le coupable…)
Les groupes
À l’intérieur d’un programme et d’une organisation précise, nous pouvons inviter des « volontaires » à des séances de participation. Parallèlement au calendrier d’une opération, cela ne nous retarde pas beaucoup. Nous avions déjà expérimenté (à Valenciennes, pour la recherche « Sépiâ), la «Programmation Générative» une organisation (mise au point par Michel Conan du CSTB) à la fois très sévère (sur les délais, les calendriers, les enregistrements et la restitution des propositions, etc.) et permissive devant les propositions de tout ordre. Les « invités » peuvent être des futurs habitants (possibles), des voisins, des spécialistes de questions précises, des philosophes, etc.). Les réunions sont très cadrées, bien enregistrées, reprises méthodiquement à la réunion suivante, pour progresser, et être «imagées» chaque fois par les architectes qui interprètent les propositions en dessins. De plus, elles passionnent les participants…
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Forme urbaine:
Nous nous démarquons des tendances encore en usage aujourd’hui, où l’image du quartier n’exprime que les autorités administratives, techniques et financières. Le seul motif que peut exprimer notre nouveau quartier sera celui de la richesse des relations sociales des habitants. Si, après la construction, les groupes de participation se poursuivent «en veilleuse», (nous sommes à la veille d’évènements bouleversants que nous promet le climat), ils deviendront indispensables à la survie des gens les plus démunis. Il faut sans délai, les inviter dans un réseau immédiat de voisinage. On se rappelle les 15 000 morts «prématurées de la canicule de 2003, où des isolés ont péri dans l’ignorance des secours… C’est un problème d’architecture…
Intentions générales urbaines.
La première, essentielle est prospective. Les temps sont tellement peu sûrs : la seule certitude c’est le changement. Deux résolutions: Deviner les orientations des changements importants (think tanks, voir plus loin), par rapport à l’évolution du climat et surtout aux réponses de la société civile et des possibilités de justice sociale… Les modifications de la structure des dépenses d’habitation (par exemple une taxe carbone et ressources sérieuse!) auront un impact sur l’organisation de l’habitat. Déjà les lointaines banlieues diffuses nécessitent 2 ou 3 voitures lorsque les transports publics ne sont pas proches, etc.
- concevoir la plus grande transformabilité des lieux (plus grands, ou plus petits?), balcons,terrasses, soleil (réchauffement), verdurisation, etc.
- En dimensions, (ajouts, divisions, superpositions, accrochages en façades, etc. Les HLM préfabriquées sont jugées intransformables: donc on les démoli. C’est chaque fois un scandale écologique : il faut arriver à les modifier.
- En fonctions : passer de bureaux à ateliers, à logements, à bureaux, à lieux culturels, aux commerces, etc. C’est un grand luxe de considérer que certains lieux ne conviennent pas à certaines activités, souvent une affaire de «représentativité». Cela suppose une construction qui mesure les vieillissements divers des parties de la construction: on peut citer l’auteur principal de ces concepts : John HABRAKEN (NL) et son organisation internationale «Open building» qui se réunit tous les deux ans sur ce thème.
- Les VRD sont éternels
- Le gros-oeuvre doit rester valable pendant plusieurs siècles (nos bâtiments anciens le réalisent facilement).
- Les « supports », indépendants du gros-oeuvre puis les « apports », les partitions, les escaliers, les elements de façades, les installations sanitaires et techniques, etc. sont «détachables».
Essai de retournement de la gestion:
Non plus gérer par propriétaires institutionnels, mais par copropriétés groupant les divers propriétaires et habitants réunis dans des actes de copropriété: de base, de comportements d’habitation, de règlements d’ordre intérieur, d’échanges anxieux sur l’écologie, de charges, de consommations, etc.; ceci est bien connu. Les bailleurs peuvent lentement s’habituer à cette gestion différente: l’informatique y aide. L’uniformité n’est plus nécessaire. Les bailleurs restent, par statut, gérants et propriétaires principaux donc décideurs en cas de conflit. Il faut préciser les limites de la copropriété d’après les souhaits des bailleurs et leur faire rédiger des actes qui les agrèent. Ils doivent tolérer (et en profiter)
l’aléatoire des ventes et des locations… Quartiers à «coloration sociale» par exemple. Cela ne doit pas couvrir nécessairement tout le quartier… Et ce sera comme dans n’importe quelle ville européenne.
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Insistance sur la complexité urbaine:
Habituellement, en Europe : les quartiers avec leurs sous-quartiers ou immeubles sont toujours réservés à des catégories de population précises et étanches: des mini-ghettos. L’urbanisme «vieux-moderne» rassemble les mêmes personnes en groupes homogènes et sépare ces groupes de façon bien nette : la ville deviant vite inhabitable.
Notre proposition de recherche: prendre exemple sur les villes «vécues»: là, c’est tout mêlé (récentes, anciennes, exotiques, etc.). Là, personne ne peut deviner si son voisin de palier est locataire ou propriétaire. Les définitions des statuts du locataire sont diverses et précises: cela n’oblige pas de mêler les plus pauvres aux plus riches mais d’en laisser se créer un mélange continu entre deux extrêmes. On pourrait comparer notre démarche à la croissance naturelle de villes traditionnelles: celles-ci semblent bien conçues puisque beaucoup d’entre elles sont encore habitées avec plaisir.
D’un côté, des espaces publics morts, vides ou géométriques, d’un autre une substance encore informe qui cherche à s’installer au mieux par rapport aux invitations du contexte et «motifs d’intensités localisées» et qu’il faut aider doucement. Cela crée une architecture différente de la précédente, inverse, de celle qui reste durement moderniste, définitive, monolithe… Nous en avons vérifié la naissance en travaillant sur Ecolonia, le premier quartier soutenable européen à Alphen-aanden-Rijn (1989-1992), promu par le Ministère du Logement et de l’Energie sous la direction intelligente de Ronald Rovers: c’est une image à la fois humaniste et performante.
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Nouvelle structure urbaine locale
Au lieu de traiter les nouveaux quartiers comme des logiques autonomes et homogènes, nous voulons déterminer d’après le contexte (il y en a toujours un, vivant) des «sous-centres» équipés de petits services publics de quartier, de petits commerces et de lieux de
travail, avec un mini-parc, un café, etc., Nous voulons retrouver les diverses échelles éternelles qui ont été nivelées par la modernité : hameaux, villages, bourgs, villettes, villes, etc. qui, dans un continu bâti, donne des points de plus fortes densités et intensités de rencontres : chacun aura une personnalité différente. C’est bien l’inverse des grands ensembles qui tapissent le territoire avec des objets indifférenciés. Une forte densité n’est supportable que moyennant la diversification des formes, des usages et des volumes extérieurs (placettes d’usages différents). L’enceinte, il faudra la faire disparaître (en tout ou en partie) pour bien relier les deux mondes actuellement clos. Prolonger dans notre quartier les voiries extérieures, donner une réplique aux constructions extérieures existantes.
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Affirmer les thèmes proposés,
La Cité Hippocrate/ Les bâtiments Lorraine et Bretagne/ Le Musée de l’Infanterie/ Les logements étudiants (mêlés)/ Rattacher les bâtiments épars et les conserver dans une trame urbaine qui leur donne un autre sens que leur isolement.
D’autres themes/ Densité forte mais supportable, moyennant la diversification des formes, des usages et des volumes extérieurs (placettes d’usages différents).
Circulation:
Bien sûr, le problème est impossible : imaginer comment circuleront «en ville» les habitants de ce quartier... Les tendances montrent une impossibilité de conserver encore longtemps le parc actuel : les autos se remplaceront assez vite par ces modèles éco (consommation, pollution, CO², nombre, modèle & forme, etc.). On verra les car-pooling se multiplier à côté des transports publics qui évolueront vite également. Il faut dès à présent préparer des hypothèses de projets qui remplaceront la fonction de circulation. Les installations en relation avec les transports urbains, (parking de petits véhicules et vélos, station de recharge électrique, administration et surveillance, etc. devront être transformables en bien d’autres usages imprévisibles.
À l’occasion, revoir le fractionnement existant de la notion de propriété
Par exemple, à beaucoup, il apparaît anormal que d’anciens locataires dont le loyer a déjà payé largement la valeur du logement puissent encore être expulsés pour non payement de loyer, par exemple? Ou que des travaux intérieurs de transformation et d’aménagements valables (moyennant accord préalable du propriétaire) que le locataire aura effectués et payés ne lui soient pas rembourses : s’il en était sûr, il investirait plus, financièrement et psychologiquement dans son logement et dans son quartier.
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La nature en ville?
Il ne faut pas «réintroduire la nature en ville» mais rendre la ville naturelle... Il n’y aura aucun alignement militaire de végétations ou de pelouses stériles… «Démilitarisons» l’Ecole d’Application de l’Infanterie. Il faudra s’imposer un coefficient de biomasse sur toute l’étendue du quartier et la répartir aussi en espèces grimpant sur les faces des constructions anciennes et nouvelles. Elles seront entretenues discrètement par rapport à leur « habitabilité » plutôt qu’à la «décoration répétitive» en alignements d’objets identiques. Nous invitons Gilles Clément à travailler ensemble pour réaliser cette osmose délicate d’urbanisme naturel associé à une «nature naturelle»… Cette image neuve n’existe qu’en milieu ancien, lentement constitué.
Image:
Forcément, nous ne pouvons donner dès à présent, l’image précise d’un projet puisqu’elle se constituera lentement au milieu des groupes et de nos interprétations. Nous pouvons proposer des images d’ensembles que nous avons projetés et construits «un peu» dans ce sens pour aider à comprendre ce que «cela ne sera pas» plutôt que ce que ce sera devenu, dans les précieuses circonstances locales et à travers cette coopération multiforme. Ce faisant, on espère découvrir une forme urbaine plus «montpelliéraine» que les systèmes abstraits habituels : ceci est important face à la qualité urbaine de la Ville. Une diversité supplémentaire naîtra du choix des architectes des opérations partielles, des exercices d’écologie immédiate qu’ils devront suivre en groupes et de leur interface personnelle avec l’existant. Bien sûr, ces différents architectes devront avoir déjà été formés efficacement à ces attitudes pour éviter de brutaliser l’ensemble……
Analyse des besoins fondamentaux?
Mus par l’urgence, certains chercheurs se tracassent pour dresser une liste raisonnée de ce qui est nécessaire à la survie des hommes… Il y a là un capharnaüm, une Arche de Noé, une liste de Jorge Luis Borges, Je ne suis pas sûr de son utilité ni de son intelligence car ils n’attribuent pas à chaque objet un degré d’urgence puis une période de fin d’exploitation de la ressource… Et surtout, ils ne disent pas comment l’ensemble ne s’effondrera pas lorsque manquera l’essentiel de nos façons de vivre?
Remarquablement, ils évitent d’aborder les affaires immatérielles et surtout spirituelles: ces dernières sont bien plus essentielles à la survie que nos quincailleries ou même l’air que nous respirons. Et ces affaires sont gratuites et accessibles sur le champ. Dans l’immédiat, abandonnons les formes lugubres, les volumes punitifs, les géométries méchantes, les échelles inhumaines, etc. pour adopter des sensibilités de dessins et de matériaux, et surtout des formes qui relient et non qui séparent.
Ceci ne paraît abstrait que pour ceux qui ne cherchent pas déjà… La tendance organique est une des
bonnes réponses indispensables à ces angoisses et le moderniste tardif, une mauvaise.
Enrégimentés dans une économie de colonie, les architectes n’ont plus le loisir de renverser leurs valeurs… Inévitablement, d’autres les remplaceront bientôt.
Démolitions:
Le moins possible: chaque démolition est un scandale écologique. On transformerà profondément les bâtiments existants en fonction de la plus grande transformabilité possible et à la fois, pour les adapter à la nouvelle forme urbaine.
Les matériaux et techniques
Évidemment, nous choisissons les matériaux naturels ou recyclés puis les moins dépensiers en énergie grise (ce cadavre dans le placard…). Bétons avec agrégats de démolition d’anciens bétons sains, Éléments réutilisables provenant de démolitions locales, Isolants et remplissages de cloisonnements : structures en bois, paille, argiles, papiers recyclés, vêtures en bois imputrescibles, chanvre, laines, adobe, pierre naturelle, peintures végétales à l’eau, fenêtres en bois-alu (pas de PVC-Seveso !). Etc. Santé : éviter les redoutables Composants, Organiques, Volatils, les radiations électriques pernicieuses, etc. Ventilations naturelles, ou «aidées»,Il faudra nuancer l’absolu des règles de la bâtisse: quelques jours où ça sent le choux, ce n’est pas grave…
Par exemple, des toitures à versants, et surtout, des terrasses qui seront soit plantées, soit occupées en jardins (cela répond à ce nouveau besoin d’ouvrir et de vivre à l’extérieur immédiat). Cela sera prévu pour les toits (plats ou à versants) et pour des ajouts de balcons en façades. Récupération et stockage des eaux de pluies et des eaux usées (purifiées par des hélophytes) et stockage d’eaux grises par petites unités. Il est très possible de construire des bâtiments autonomes de tous les réseaux…
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Documents-références
Les ailes Françaises: un bâtiment sauvé de la demolition réincorporé dans une trame urbaine pour lui donner un sens de solidarité. Récupérer 40 logements HLM « malaimés » par une transformation profonde et le rattacher au quartier en lui adjoignant une petite place publique.
Ecolonia : diversité et initiative des habitants………………